Patrimoine et environnement

Travaux, environnement, tourisme et littoral


Qu’est-ce que le patrimoine ?  Qu’est-ce que l’environnement ?

Quelles relations peut-on établir entre ces deux concepts ?

ouvrages_libronSur un plan scientifique, l’environnement se rapporte à l’écologie dont la définition est : « étude de la maison », c’est-à-dire étude du système dans lequel nous vivons et dont nous faisons partie intégrante. L’Homme, espèce animale douée de raison (enfin de temps en temps), vit dans son environnement constitué de la faune, de la flore, des éléments comme le relief, les activités qu’il mène et les relations entre tous ces éléments. C’est donc un « machin » compliqué dans lequel toute action entraîne une ou plusieurs réactions parfois imprévues.

Porte_16-17ème siècleLe patrimoine, c’est tout cet ensemble d’éléments qui forment notre mémoire collective : des monuments, une histoire, un passé sur lequel s’appuyer pour construire notre présent et notre avenir. Sans patrimoine, pas de mémoire collective sur laquelle se fonder pour construire notre identité. Les jeunes ont besoin d’un patrimoine pour se construire, les adultes ont besoin d’un patrimoine pour avoir des références, les anciens en sont les gardiens.

Dans notre environnement, se trouve bien entendu notre patrimoine.

Si l’on se focalise sur notre village, Vias, mon village (et cette appellation n’est pas anodine), nous avons un riche patrimoine qui constitue notre environnement ; patrimoine qu’il nous faut préserver, maintenir, valoriser et surtout ne pas détruire ou dévaloriser ; cela ne veut pas dire qu’il faut le sacraliser, bien au contraire, mais plutôt le mettre en valeur pour que chaque génération puisse en faire une référence culturelle.

Qu’avons-nous à Vias ? Sans en faire une liste exhaustive, citons des lieux remarquables :

la Halle de la place du 14-juillet, VmV_Vias_St-Jean_Baptistel’église St-Jean-Baptiste avec le monument aux morts et l’ancien cimetière qui la jouxte, la porte St-Thibéry,

VmV_la-pilela fontaine devant la Halle, les portes serliennes, les châteaux d’eau, le vieux logis de la rue de la République, les ouvrages du Libron … Tout ce patrimoine est à mettre en valeur, pas à détruire.Portes serliennes

Notre environnement se nourrit de ces lieux patrimoniaux, de ces lieux qui sont notre histoire locale, sans laquelle nul ne peut se construire.


Un patrimoine menacé

La municipalité ayant annoncé plusieurs fois que de grands travaux allaient être engagés dans le centre du village, cette nouvelle ne manque pas d’émouvoir les Viassois attachés à leur patrimoine. C’est la halle, bâtie au milieu du XIXème siècle, qui est d’abord menacée de fermeture par des grilles, lesquelles, compte tenu de la forme du bâtiment, vont, une fois ouvertes, empiéter sensiblement sur la surface utile. Et puis imaginez que pour les fixer il faudra creuser des trous profonds dans ces pierres basaltiques massives et encore exemptes aujourd’hui de toute agression.

Mais le pire est sans doute le projet qui concerne la place du 11 novembre, c’est à dire la place de l’église. Seule place de la commune présentant un caractère authentique, rappelant le passé médiéval du village, elle serait transformée, à l’instar de ce qui a été fait à la Vigneronne, en un espace glacial ou en fournaise selon les saisons.

Hommage

Un lieu de souvenir menacé

 

Les seules esquisses publiées démontrent la disparition du Monument aux Morts ainsi que celle des platanes centenaires et du cimetière médiéval.

 

 

 

Mais revenons à la Vigneronne ! Ancien siège du syndicat agricole, le bâtiment disposait d’une cour, fermée par un mur très ancien, et il était le cadre depuis de nombreuses années, de la Cave à Jazz aujourd’hui si regrettée. Une fois les murs abattus, il ne reste plus qu’une placette inutile, sans aucun caractère, ouverte à tous les vents et ne permettant plus d’accueillir les mélomanes dans cet espace autrefois si agréable.

Il en serait de même de la place de l’église, dépouillée de ses arbres et méconnaissable. Dans le projet élaboré par la majorité municipale, c’est l’ancien cimetière médiéval qui ferait le premier les frais de ce que les modernistes dénomment une « requalification » ou une « réhabilitation ». Si le premier terme n’a aucun sens, le second ne s’applique qu’aux personnes. La place de l’église sera toujours qualifiée ainsi, même si elle s’appelle officiellement place du 11 novembre, si bien nommée de par la présence du Monument aux Morts. Et elle ne saurait être réhabilitée puisque cet adjectif est hors sujet.

En ce qui concerne précisément ce cimetière, nous avons entendu dire un peu de tout, alors apportons les précisions nécessaires: Il s’agit, pour ceux qui l’ignoreraient, de ce petit promontoire accolé à la façade ouest de l’église, sous la superbe rosace, et qui est donc surélevé par rapport au parking côté nord et à la place côté sud. Il est la seule partie restante du cimetière médiéval qui, autrefois, s’étendait autour de l’église. C’est vers 1850 que les inhumations ont cessé à cet endroit, un nouveau cimetière ayant été créé, l’actuel, rue de l’Egalité. Sous ce promontoire, sous cette terre, se trouvent donc les restes de nos ancêtres que des fouilles archéologiques récentes ont retrouvés, certaines sépultures étant apparues comme plus anciennes que l’église dont l’édification a duré, rappelons-le, trente ans, de 1394 à 1424. Une fausse information a couru récemment dans le village, déclarant que les sépultures étaient celles d’ouvriers décédés pendant les travaux d’édification de l’église. Or, la découverte de nombreuses tombes d’enfants met à mal cette hypothèse farfelue, jamais entendue jusqu’alors.

Selon le projet municipal, ce cimetière serait purement et simplement rasé pour faire place……au Monument aux Morts!  Mais attention ! Où est l’intérêt de le transporter, donc de le démonter pièce par pièce, pour l’amener 50 m plus loin ?  Et ce d’autant qu’il aurait besoin d’être restauré, l’usure du temps ayant quelque peu fissuré la statue. Oeuvre du scuplteur gardois Mérignargues, sa conception ne manque pas d’originalité et les historiens notent également la présence, rare, d’un coq sur le socle.

Et les platanes direz-vous ?  Alors là troisième sacrilège !  Comment accepter de laisser abattre ces arbres qui procurent une ombre rafraîchissante et font de cette place le seul endroit du village où l’on trouve un peu de sérénité. Rappelez-vous, à un degré moindre, mais tout de même, la disparition de tous les mûriers des placettes à proximité, notamment celle des Remparts. Que justifie d’abattre des arbres ?

La place de l’église, telle qu’elle est aujourd’hui, est fermée côté nord par l’ancien cimetière qui la protège du vent, contrairement au passage côté abside, qui n’est qu’un nid à courants d’air. Elle constitue un écrin de verdure, un espace de calme et de sérénité à caractère ancien tel qu’on en trouve dans tous nos villages.

Quand on voit de quelle manière les plus beaux villages de France entretiennent amoureusement ces vestiges du passé, on ne peut qu’être pris de révolte en prenant connaissance du triste sort réservé à la place de l’église de Vias.

Les motifs de cette destruction, parce que c’est de destruction dont il s’agit, n’ont aucune crédibilité. Le lieu, même transformé, n’est pas de nature à accueillir des décibels à outrance. La majorité municipale, obsédée par la baisse des dotations de l’Etat, devrait s’attaquer à d’autres chantiers que celui-ci et pourrait faire des économies en jetant aux oubliettes ce funeste projet chiffré à 3,9 millions d’euros. Une paille !

Pour ne parler que de ce quartier, l’église elle-même nécessite des travaux urgents, un trou apparaissant à l’intérieur de la chapelle St Joseph, accompagné d’infiltrations d’humidité sous les voûtes. Quant au Grand Harmonium RODOLPHE & DEBAIN, rarissime, il attend toujours que soit mise en œuvre la restauration décidée en Conseil municipal voici presque deux ans.

Enfin, dans le projet, signalons la présence d’une rampe d’accès pour personnes handicapées qui viendrait se greffer à la façade sud pour arriver au niveau du parvis, faisant une balafre sur l’édifice, alors qu’il est extrêmement simple d’aménager la poterne nord pour permettre un accès direct aux personnes à mobilité réduite depuis le parking.

Accessoirement, la réduction à sa plus simple expression du jardin public situé au nord de l’église ne serait pas davantage acceptée par les Viassois pour lesquels les petits parcs arborés se font si rares.

VIAS, MON VILLAGE estime en conséquence que ce projet est funeste pour notre patrimoine et qu’une simple amélioration des lieux est possible en restaurant le pavage et en interdisant l’accès à tous les véhicules, excepté pour les manifestations patriotiques et les cérémonies religieuses.

Viassoises, Viassois, nous devons refuser que quelques coups de pelle mécanique ne viennent réduire à néant un cadre de vie aussi chargé d’histoire, de NOTRE histoire.

28/07/2016


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5 réponses à Patrimoine et environnement

  1. Guy BOURGUIGNON dit :

    Notre patrimoine, notre environnement, ce sont nos racines…

  2. PAULIN richard dit :

    Entièrement d’accord, préservons l’âme de nos villages …

  3. CAZALE Jeanne dit :

    Vous avez raison de vouloir préserver le patrimoine de votre joli village. Ne laissez pas le béton l’envahir! Très bel article, bien documenté et bien argumenté.
    J.C.

  4. Lo cigal d'Aviatis dit :

    Laisser les morts en paix
    « Pas question de déplacer ces morts, explique Christian Teyssèdre, maire de Rodez. C’est une question de décence. Ils sont là depuis au moins un siècle. Notre projet de maison de santé prendra du retard puisque nous devons relancer le concours d’architecte. Le projet sera déplacé plus haut avec deux parkings de surface. »
    (article Midi Libre du 3 avril 2017).

    Donc, vérité à Rodez et erreur à Vias !

    Notre cimetière paroissial est daté, grâce aux travaux de la DRAC (archéologie préventive), entre le Xme et le XIXme siècle. Se trouvent sous cette zone surélevée, des centaines de restes de Viassois, nos ancêtres ; et cette majorité municipale actuelle, totalement irrespectueuse de nos morts, voudrait supprimer ce lieu de mémoire d’un trait de plume et de quelques coups de pelleteuse ?
    Le maire de Vias doit prendre exemple sur son collègue de Rodez : Aviatis (ancien nom de notre village) va protéger son patrimoine comme le fait Civitas Rutenorum (ancien nom de Rodez).
    Lou cigal compte sur tous les Viassois pour défendre le cimetière paroissial.

    • Le Beffroi dit :

      A VIAS, Monsieur le Maire, fervent adepte de la « Parfaite information » est un homme pour qui les morts ne méritent aucun respect, mais il est avéré aussi que le manque de concertation avec les Viassois démontre un égal manque de respect envers ses concitoyens vivants. Monsieur décide et pour le cimetière sans aucune autre préoccupation de son environnement ou des servitudes. Voilà qui explique pourquoi le PLU de la commune a déjà fait l’objet de 2 rejets de la part des services de l’étude et que les Viassois n’ont à ce jour aucune connaissance des causes réelles de ce rejet.

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