Courrier de VMV transmis au Commissaire Enquêteur PLU

« Le Plan Local d’Urbanisme à VIAS
Il apparaît utile de souligner au préalable que par 2 fois déjà le PLU de la commune a été rejeté par les services de l’état sans que la Mairie ne fasse communication des motifs de rejet ni aux Viassois ni aux associations ni aux élus de l’opposition.
Ce document volumineux (de l’ordre de 800 pages) appelle des commentaires nombreux et divers.
A la lecture attentive de l’ensemble des documents il est relevé de surprenantes incohérences, des projets irréalisables, même des projets incompatibles entre eux.
Cet ensemble n’apparait pas comme ayant un schéma directeur réel basé sur des études sérieuses.
La première impression laissée par une lecture laborieuse de ces 800 pages est que pour Vias la seule activité économique envisagée est le tourisme. La mono activité représenterait un réel danger pour l’avenir du village. Fort heureusement Vias développe d’autres activités qui devraient aussi être prises en considération dans l’avenir de la commune.
Une extension de la ZAE de la Source devrait être envisagée, mais aussi la création d’une zone similaire dans le secteur nord-est de la commune à proximité de la voie rapide Bessan Littoral.
L’activité vinicole est quasi ignorée bien qu’importante, un projet de ZAC au nord du Village posera des problèmes de proximité importants à des exploitations de renom. Le sujet du devenir de la coopérative vinicole qui rencontre de grandes difficultés économiques et se trouve actuellement à la recherche de solutions, n’est pas abordé dans le PLU. Il s’agit d’emplois créés par l’activité de la cave, mais il s’agit aussi du devenir de propriétaires viticoles qui ont fait de très importants efforts depuis de nombreuses années pour permettre à leur cave de s’imposer. Pourquoi ne pas aborder le sujet ?
A Vias des étendues agricoles importantes ne sont pas exploitées il aurait pu être envisagé des axes d’aide au développement dans des activités de maraîchages, voire de culture bio, dont la production pourrait trouver des débouchés de proximité. L’abondance d’eau en sous-sol dont il est impératif que l’exploitation soit réglementée et rationalisée rapidement, associée à un climat favorable et un ensoleillement très supérieur à la moyenne doivent être pris en compte.
Un projet digne de ce nom se doit de rechercher toutes les possibilités de maintenir sur Vias une activité toute l’année et pouvoir bénéficier de l’effet d’aubaine apporté par un tourisme en plein boum mais dont l’avenir dépend de nombreuses données économiques et sociales indépendantes du Village.
Ce PLU est normalement réalisé pour tracer l’évolution de la commune dans les 25 prochaines années. Définir le futur est une science pleine d’incertitude et l’évolution de notre société n’incite pas à la stabilité.
Pourquoi vouloir créer absolument une ZAC au nord du village, au-delà de la voie ferrée ?
Si cela est pour répondre à une demande très forte d’installation sur notre commune, le PLU donne la possibilité d’une réponse adaptée. La possibilité d’une croissance maîtrisée en lieu et place d’un développement subi.
Créer une ZAC de 350 logements au nord de la voie ferrée c’est la certitude de faire de Vias un village coupé en 2 dans quelques années. Jamais une chose aisée à gérer. Vias possède déjà une activité excentrée avec la station balnéaire, est-il utile de multiplier les difficultés.
Les difficultés s’accumulent pour la réalisation de ce projet :
– Construction d’ouvrages d’art routiers pour le franchissement de la voie ferrée pour les liaisons avec le village.
– Raccordement peu aisé au réseau d’eau potable
– Raccordement nécessaire au réseau des Eaux usées
– Gestion des eaux pluviales après créations de surfaces imperméables importantes
– Proximité de zone agricole et viticole
– Implantation dans l’axe de la piste de l’Aéroport Béziers Cap d’Agde pour lequel les gestionnaires prévoient un fort développement dans les prochaines années.
La création d’un 3ème cimetière pour le village est une aberration. Il existe à moins de 200 mètres de la ZAC le cimetière de la Gardie créé par la précédente municipalité mais dénigré par la municipalité actuelle. Ce cimetière répond aux besoins de la commune pour une très longue période, Vias enregistrant chaque année une soixantaine de décès (inhumations et crémations).
Il nous est proposé des structures de développement pour le Centre-Ville qui répondent à la surpopulation estivale mais vont contraindre les Viassois à en subir les contraintes toute l’année. Cela ne parait pas une solution satisfaisante pour la majorité des Viassois.
Le projet d’aménagement du pourtour de l’Eglise Saint Jean Baptiste, inscrite aux Monuments de France, ainsi que la Porte de St Thibery et la Maison BENEZIS, ne tient pas compte de la réalité. Une mise en valeur de ces maisons du Centre-Ville devrait être prévue et engendrerait un nouveau dynamisme aux commerces du centre-ville du vieux Vias.
Il est particulièrement préoccupant que le vieux cimetière attaché coté couchant à l’Eglise, qui a fait l’objet de fouilles archéologiques fort intéressantes, soit voué à disparaître sous le minéral (voir article VMV « Le Cimetière Médiéval » http://blogvmv34.fr/index.php/2016/08/27/le-cimetiere-medieval/
Dans le projet PLU tel qu’il nous est présenté ces lieux seront noyés sous le macadam et seront ainsi définitivement effacés du patrimoine alors que cet espace aurait pu être un lieu de mémoire et d’histoire de notre village.
Les projets laissent aussi apparaitre que les espaces arborés place du 11 novembre (arbres centenaires) et au nord le Square D. Mitterrand deviennent des lieux essentiellement minéraux. Certes, l’environnement minéral à ses charmes, mais dans notre région les espaces frais et ombragés demeurent recherchés et font partie intégrante du charme de nos villages méditerranéens.
Que penser de la création de nouveaux lieux de stationnement à proximité du Centre-Ville ? Ne pourrait-on pas envisager la création de parkings sur le pourtour du village, sur des lieux inconstructibles et ainsi libérer une superficie pour la création d’un habitat de logements sociaux qui font défaut au village. Une solution qui serait mieux adaptée et moins onéreuse et permettrait de préserver l’unité du village.
Le plan de circulation en sens unique qui doit être soumis à référendum à l’automne, selon les propos de monsieur le Mairie, ne semble pas non plus résulter d’une étude “terrain”. De nombreuses voies adjacentes étant desservies par cette circulade la mise en sens unique engendrerait un flot de véhicules beaucoup plus important, de surcroit l’étude intégrée au PLU déconseille fortement le stationnement des véhicules automobiles en épis car si cette solution permet d’augmenter la capacité de stockage de véhicule elle est aussi d’une grand dangerosité pour les 2 roues et les piétons. Voir (Pièce 8.7 -Schéma modes doux – Etude Indigo page 3)
Comment une étude responsable peut envisager l’implantation d’un collège en zone O-AU1ep? Celle-ci se trouve à 90% dans un secteur de forte exposition au bruit, en limite de zone inondable rouge, sur un site à fort impact sur l’environnement, de surcroit à l’intersection de 2 voies à très fort trafic routier, d’accès très difficile voire dangereux pour les modes de cheminements doux (vélos, piétons,..), et complétement isolée de la zone urbanisée, ce qui est contraire aux préconisations de l’éducation nationale dans ce domaine. Les rédacteurs de ce PLU voudraient ne pas créer de collège à VIAS qu’il ne s’y prendrait pas autrement.
Nous continuons notre cheminement en direction de la plage. Nous traversons une zone non abordée par les préconisations du PLU. Située entre la déviation D612 et le Canal du Midi, cette zone humide et inconstructible pourrait faire l’objet d’aménagements d’agréments en déplacement doux et permettre de joindre les 2 pôles du village en 2 roues et par voie piétonnière.
Le plan de circulation exposé pour Vias Plage mérite d’exister, mais conçu à la hâte il ne répond qu’imparfaitement aux besoins de la station. Cette étude aurait mérité d’être menée en concertation avec les résidents et les agents économiques de la station Le problème de l’engorgement de la circulation est réel mais les solutions préconisées ne le résolvent pas. Le flux de véhicule est ramené vers le goulot d’étranglement qu’est l’artère de circulation à 2X1 voie entre le Canal du Midi et la déviation à l’entrée sud du village.
Des solutions existent et méritaient une étude plus circonstanciée. Le développement d’une voie de dégagement par le prolongement du chemin des Rosses en longeant le littoral au pied du cordon dunaire, construit en matériaux naturels perméables, jusqu’au parking du Clot, offrant ainsi une voie de dégagement sur le même type de chaussée le long du canal du Clot, le franchissement de celui-ci par le pont existant à proximité du Canal du Midi et l’emprunt de la voie existante le long du canal du Midi jusqu’à la route d’Agde et la jonction avec celle-ci par un rond-point. Une solution moins prestigieuse certes mais aussi moins onéreuse et beaucoup plus efficace.
Si une valorisation et une mise en ordre de la station s’avèrent indispensable celles-ci doivent impérativement demeurer en adéquation avec les possibilités budgétaires de la commune et dans le respect de la fréquentation de la station.
L’étude d’aménagement urbain dans le cadre du PLU ne manque pas de piment et les surprises sont nombreuses.
Il faut souligner l’incohérence du changement de destination du parking des 3 plages. Lieu répertorié dans le cadre de la ZAC Farinette 1 comme bien de retour à la commune en tant que parking de stationnement auto, se transforme dans le PLU en situation de parcelle constructible. La disparition de ce parc autos de proximité causerait un grave préjudice à l’activité commerciale de l’Avenue de la Méditerranée situés entre l’Avenue du Clot et le chemin des Rosses et créerait un déséquilibre de l’activité sur l’ensemble de l’Avenue de la Méditerranée.
Une autre zone d’inquiétude concerne la parcelle cadastrée BI 19, située dans le même secteur, était répertorié dans le POS, encore en vigueur jusqu’à l’acceptation du PLU, un Espace Boisé Classé. Curieusement à la lecture du PLU cette parcelle apparait constructible sans servitude. Il n’est fait nulle part mention de son statut précédent. Lors de son long discours de présentation du PLU pendant la séance du Conseil Municipal du 2 mars, Monsieur le Maire a souligné qu’il avait défendu âprement le maintien de l’ensemble des EBC de la commune et en avait ajouté certains. Il semble que celui-ci n’est pas été perçu par les services de la Mairie. Cette parcelle est située au cœur du centre urbanisé de Vias Plage précision qui ne plaide pas en faveur d’un simple oubli.
Le PLU ne fait pas allusion à certains aménagements réalisés l’an dernier par la Mairie et entre autres l’installation de structures du type “paillottes” sur la plage de Farinette où de ce fait la plage devient inexistante pour les touristes qui au débouché de l’Avenue de la Méditerranée doivent contourner un établissement de restauration pour accéder à la plage.
De nombreuses pages du PLU traitent de l’aménagement viaire, réseaux eau potable, eaux usés et électricité sur la côte ouest. Ce positionnement est assez curieux, car compte tenu d’une situation de cabanisation, le devenir de ces terrains ne dépend plus de la Mairie mais est destiné à être une zone expérimentale gérée par l’Etat La Mairie intervenant depuis un peu plus d’une année pour faire exécuter les jugements d’expulsion prononcés en 2008 et 2009 et jamais appliqués depuis. La réalisation des travaux préconisés engendrerait une régularisation de la situation des très nombreux propriétaires de la Côte Ouest.
Il est évoqué aussi la création d’un port fluviomaritime le long du canal du Clot. Une étude du bureau d’étude ELAN sur plus de 70 pages pour conclure de l’impossibilité technique de réaliser l’ouvrage. Il faut souligner que 6 Km plus loin, sur le Canal du Midi, la CAHM appuyée par le département et la région en partenariat avec VNF réalise un port fluvial à proximité de l’Ecluse Ronde qui donne un accès direct à la mer par le biais du fleuve Hérault à l’altitude 0, après avoir, en vain, cherché à intéresser un investisseur privé.
Outre le coût de cette étude réalisée pour rien, il s’avère que l’abandon implicite du port crée un déséquilibre manifeste de l’implantation de la station balnéaire. Il aurait pu être envisagé des chemins piétonniers permettant la découverte de zones humides, dont la faune et la flore présentent un intérêt souligné dans l’étude réalisé par NATURALIA, au sein du PLU.
Pour conclure il faut souligner que ce PLU n’a guère de cohérence et tel qu’il est ne permettra pas un développement harmonieux de la commune. Les projets d’implantations de structures hôtelières ne sont étayés par aucune étude de faisabilité économique. Les investisseurs privés hésiteront à créer des infrastructures hôtelières lourdes pour une saison touristique de 3 à 4 mois par an.
Les coûts des infrastructures préconisés pour la station sont disproportionnées au regard des possibilités financières de la commune. Il s’agit de plusieurs dizaines de millions d’Euros. Ces chiffres sont à rapprocher avec la capacité d’autofinancement de VIAS qui s’élève en 2015 à 613 000 Euros. L’endettement de la commune au 28 février 2017 est de l’ordre de 8 millions d’Euros.
Il y a lieu de s’interroger sur la possibilité d’envisager de souscrire à ce projet au regard des réalités économiques.
On peut s’interroger aussi sur l’opportunité, pour la commune, d’orienter l’avenir de la ville et de réaliser de tels investissements sur le tourisme, alors que depuis le 1er janvier 2017 le produit de la Taxe de Séjour (environ 1,2 Million d’Euros) est versé à l’Office du Tourisme Cap d’Agde géré par la CAHM. Voir article VMV du 14 février 2017 http://blogvmv34.fr/index.php/2017/02/14/loffice-du-tourisme-ou-est-la-coherence/ »

15/6/2017

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Une réponse à Courrier de VMV transmis au Commissaire Enquêteur PLU

  1. Le Beffroi dit :

    Il est vrai que la longue et laborieuse découverte de l’avenir de notre village selon les documents officiels est tout, sauf encourageante.
    La première mission de la prochaine Municipalité sera d’inscrire à l’ordre du jour:
    Révision du P.A.D.D. (Projet d’Aménagement de Développement Durable); Un Avenir pour Vias

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