La fontaine publique dite « la Pile »

VIAS s’enorgueillit sans cesse d’être classée parmi les communes les plus riches en terrains de camping et par conséquent d’être très fréquentée l’été par des touristes à la recherche d’authenticité; c’est du moins ce que déclament toutes les revues et publicités d’où qu’elles émanent.

Partant de ce principe, le quidam s’attend à admirer un environnement préservé et des lieux de mémoire parfaitement mis en valeur. Malheureusement il suffit de contempler la fontaine centrale érigée sur la place du 14 Juillet pour se rendre compte qu’il n’en est rien.

La fontaine de Vias "La Pile"Selon l’excellent ouvrage d’Henri VITTUMI (VIAS et les VIASSOIS) c’est le 29 septembre 1820 qu’apparaît la fontaine dans son état actuel. Objet de bien des soins sous les municipalités successives, elle a toujours été en fonction, même si, ces dernières années, elle ne donnait que l’illusion de nous abreuver d’eau de source, celle-ci étant obstruée depuis un quart de siècle. Fonctionnant en circuit fermé, de ses 4 bouches s’écoulait une eau qui, en tombant dans le bassin, apportait une once de fraîcheur complétée par des jardinières de fleurs suspendues à son socle.

Aujourd’hui abandonnée à son triste sort, notre « pile » selon le jargon local, est inerte. Plus une goutte d’eau ne s’échappe de ses bouches rouillées, son remarquable bassin octogonal est vide et son socle est curieusement recouvert d’une croûte blanchâtre venue d’on ne sait où et qui lui donne un aspect livide. Oui, vous avez bien lu, notre fontaine se meurt dans l’indifférence de ceux qui, par ailleurs, se font forts de faire briller VIAS de mille feux, coûteux et d’artifice. Mais ceux-là sont éphémères et il serait opportun de rendre à la fontaine son lustre d’antan, d’un temps pas si lointain où elle participait à sa façon à la fête locale, elle aussi en grand péril. Décidément ! Mais que se passe-t-il à VIAS ?

09/08/2016

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5 réponses à La fontaine publique dite « la Pile »

  1. GAMEL Geneviève dit :

    Et le coq qui se dresse fièrement en haut de la colonne est l’œuvre d’un Viassois, Alain Rojas.

  2. Danybcd dit :

    Du plus loin que je me souvienne, le 15 Août était l’occasion de réunions familiales, autant que d’accueil d’amis. Vias regorgeait d’une population d’âges divers, aux expressions chantantes colorées par des expressions venues d’ailleurs.
    Baraques foraines, senteurs, musiques, manèges, tout y étincelait de joie. Même la météo était fidèle au rdv, et au milieu du concert du 15, un bel orage éclatait en zébrures et grondements, obligeant les spectateurs à filer, la chaise du café sur la tete.
    Car les terrasses des cafetiers s’agrandissaient en un large parterre qui couvrait toute la place.
    Les programmes festifs étaient penses pour tous, enfants, adolescents, adultes et grands parents. C’était une organisation sérieuse, réfléchie, et qui plongeait Vias dans une vibrante liesse.
    Comment imaginer que là semaine du 15 aout sera une semaine sans musique, sans attraction, sans concert, sans jeux, sans danses, sans humour, sans farandole, sans décorum, sans joie ?
    C’est Impossible !

  3. Oiseau-mouche dit :

    La fontaine « la pile » est ancrée dans la mémoire collective ; c’est un élément de l’identité de Vias, notre identité.
    Cette fontaine, dans les temps anciens, apportait l’eau au village, c’est-à-dire la vie pour les hommes et pour les bêtes…
    Après le report de la fête ancestrale du 15 Août, après la destruction des placettes de la rue des remparts, après « la pile » laissée à l’abandon, on ne peut que nourrir de sérieuses inquiétudes pour les projets de l’actuelle municipalité : la halle, le monument aux morts et la place de l’église…
    Il n’est pas trop tard pour réagir, tous ensemble…

  4. Gérard Jourdan dit :

    Cette pile, cette fontaine me semble être l’élément le plus emblématique de Vias. C’est un repère géographique mais aussi et surtout un lieu de rassemblement des habitants : autour de la pile, sur la place, devant la Mairie (celle d’avant). C’est aussi un condensé d’histoire locale et nationale, bien étudié par Henri Vittumi.
    Restaurée en 1820 par le maire, Monsieur Rascas de Palignan, royaliste convaincu, qui lui a donné des éléments confortant cette idéologie dominante en ces temps-là qui étaient ceux de la Restauration, celle de Louis XVIII. Et l’inscription sur une des faces est caractéristique de cette idéologie royaliste qui effaçait tout un pan de notre histoire nationale. Il est écrit sur la pile : « Restaurée en mémoire du XXIX septembre , l’an XXV du règne de Louis XVIII (il s’agit donc du 29 septembre 1820) la naïade au voyageur l’heureux jour où naquit Henri, duc de Bordeaux (fils de louis XVIII), je rendis à Vias le tribut de mes eaux ».
    Un peu de calcul chronologique montre que si en 1820 nous sommes l’an XXV du règne de Louis XVIII, cela signifie que ce bon roi un peu enrobé a commencé son règne en 1795 ! Donc effacement de la Révolution, du Consulat et de l’Empire. 1795 correspond à la mort du Dauphin, au temple, qui aurait été Louis XVII s’il avait régné.
    Heureusement qu’un autre maire, républicain, a fait rajouter le coq, symbole de la République, au sommet de la colonne.
    Un peu d’histoire locale contée par Louis Aguilar qui nous dit que cette pile servait d’abreuvoir pour les chevaux des propriétaires viassois et que l’âne d’Ernest Michou, dit Lou Fallet, y venait boire tout seul.

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